Facilitation

Travailler en bonne intelligence, avec de l’écoute, une responsabilisation de chacun, dans un cadre de coopération, c’est tellement agréable. Un faciliteur peut aider à créer et accompagner ce cadre de coopération.

Un métier méconnu

Un facilitateur est une personne qui aide un groupe à comprendre ses objectifs communs et l’assiste à s’organiser pour atteindre ces objectifs. Il le fait en restant neutre dans la discussion. Il emploie le plus souvent des méthodes dites d’intelligence collective pour faciliter les réunions : cercle de parole, chapeaux de Bono, gestion par consentement, brainstorming, etc.

Travailler autrement

Pour ma part, je mets mon métier de facilitatrice (dont le style est très coloré par mon enthousiasme et ma créativité) principalement au service des organisations, collectivités, collectifs et projets qui travaillent sur les questions du gaspillage (humain, temps, ressources et déchets). Les questions du gaspillage, ou plutôt la valorisation de l’humain, du temps, des ressources et des déchets, sont ma passion depuis toujours. Et depuis que j’allie cette passion à mon métier de facilitatrice, je me sens à ma juste place et en mesure de vraiment contribuer à des collaborations constructives et utiles.

Les outils de l’intelligence collective

Il existe une diversité d’outils en intelligence collective. La plupart permettent aux participants – les ‘je’ – de se mettre au service d’un projet commun – ‘le Nous’ (le forum ouvert, Cultivons notre Jardin, le world café, les Chapeaux de Bono, la gestion par consentement, l’élection sans candidats, etc.). D’autres, bien moins nombreux, permettent au groupe de se mettre au service d’une personne (le processus ReGroupe, le co-dévéloppement, le jeu du Tao,  etc.). Souvent, un facilitateur adaptera une méthode ou en développera une pour répondre à un besoin donné. Quel que soit la méthode, on retrouve 5 grandes phases communes aux outils d’intelligence collective. Les identifier permet de mieux veiller aux respirations nécessaires pour bien dérouler son processus.

Intention:

Cette première phase est l’occasion de définir avec clarté l’intention de la réunion, de répondre à la question «dans quel objectif sommes-nous réunis ? ». Il s’agit de la poser en début de réunion, pour que chacun soit au clair de pourquoi il est là. Il est important de n’avoir qu’une intention par réunion pour éviter les confusions. La définition peut avoir lieu en amont ou sur place selon le fonctionnement du groupe.

Inclusion :

La phase d’inclusion ouvre la session d’intelligence collective. Elle a pour objectif d’accueillir tous les participants afin que chacun se sente à sa place dans le groupe, en équivalence avec les autres. Il existe de nombreuses manières de procéder à une inclusion. Une manière très simple est d’inviter à chacun des participants, de se présenter (son prénom et nom, et un mot pour qualifier son attente vis-à-vis de la réunion (« apprendre », « contribuer », etc.) ou son humeur (« joyeux », « sceptique », etc.). Même si la parole de chaque participant est très brève et l’exercice très simple, elle permet à chacun de se connecter au groupe et à chacun d’avoir sa voix dans le groupe.

Emergence :

Cette phase est celle de l’ouverture où l’expression des idées, du ressenti, etc. est accueillie et encouragée. Elle est celle où les participants sont invités à libérer leur créativité individuelle et collective. Il n’y a ni l’enjeu de prendre une décision, ni celui de trouver « La » solution, ni celui de se mettre d’accord. La phase d’émergence se libère de ces contraintes pour permettre à tous de sortir des chemins battus, oser penser autrement, ne plus être en réaction à ce qui dit, mais se laisser nourrir pour, à son tour, nourrir les échanges et la session.

Convergence :

La phase de convergence a pour objectif de ramener les participants les pieds sur terre. Il s’agit de la phase de construction ou de synthèse à partir de l’écoute de ce qui a été dit lors de la phase d’émergence.  Il ne s’agit pas, pour un ou plusieurs participants, de faire valoir sa solution, son idée ou sa proposition, mais bien de se mettre au service du groupe et prendre l’essence de ce qui a été dit ou vécu pour co-construire une proposition ou synthèse commune.

Clôture :

La phase de clôture est celle du partage du vécu et du ressenti, ainsi que la phase pour célébrer ce qui a été fait. Elle permet à chacun de dire ce qui a été important et ce qui n’a pas marché pour lui. Il est essentiel de sortir du schéma où seul l’animateur ou le formateur reçoit les avis via un questionnaire, par exemple. Pour nourrir la démarche, le partage doit se faire ensemble, car chaque participant a sa part de responsabilité dans ce qui a été vécu par le groupe.

Pour aller plus loin

++ Les règles de l’intelligence collective

++ Etre ou ne pas être facilitateur

++ Le guide de l’animateur Zéro Déchet

++ Comment énergiser un groupe avec des énergizers

++ De l’intelligence collective pour quelles réunions?